La Polynésie française : entre rêve et réalité

La Polynésie française : entre rêve et réalité

Depuis le début de notre voyage et la naissance du blog, je ne me suis jamais mis la pression pour écrire des articles. Je ne me suis jamais imposée de rythme de publication. J’ai écrit au gré de mes envies. Comme vous avez pu le remarquer, cela fait trois mois que je n’aie rien publié, et je dois avouer que c’est tout simplement parce que je n’en avais pas envie.

Pourtant, depuis trois mois la mention “écrire un article pour le blog” figure dans ma to do list. Et ce n’est pas faute de ne rien avoir à vous raconter. J’aurais pu vous raconter notre dernière escale aux Marquises à Ua Pou, notre traversée de cinq jours vers les Tua Motus, puis notre escale à Rangiroa. J’aurais pu vous relater notre navigation jusqu’à Tahiti et notre visite de la capitale; la visite de mon amie Aurélie avec qui nous avons exploré Moorea, Huahine et Bora Bora. J’aurais pu vous dire que nous avons trouvé du travail à Raiatea (pour Tradewinds, cela vous rappelle des souvenirs?) où nous nous installons pour un an. J’aurais pu faire un article entier sur le carénage héroïque de Patchwork : nettoyage, ponçage, réparation de la coque, extermination des tarés (des bêbêtes aquatiques tropicales qui s’attaquent aux bateaux en bois), deux couches d’apprêt et trois couches d’antifouling, le tout en quatre jours top chrono. J’aurais pu vous raconter qu’en faisant des travaux sur le bateau Thomas a reçu un éclat de bois dans l’oeil qui lui a écorché la cornée, que la plaie s’est infectée et qu’il a dû aller à l’hôpital à Tahiti. J’aurais pu chercher votre soutien moral lorsque de retour de deux semaines de charter sans Thomas je l’ai vu partir pour deux semaines à son tour et j’ai du faire face seule à un gros coup de vent. J’aurais pu abuser, ou vous faire rire, en vous disant que j’ai eu froid, parce qu’il a fait 20°C et que je n’avais pas de pantalon, car je les ai tous découpés pour en faire des shorts. J’aurais pu vous faire part de ma trouille bleue, lorsqu’au retour du beau temps, après 8 jours à stresser dans le bateau et à subir la pluie et les rafales de vent à 40 noeuds j’ai voulu profiter du soleil en partant faire une promenade, et qu’après 5 minutes de marche un pitbull m’a attaquée et mordue derrière le genou (je vous rassure tout de suite, je me suis bien défendue et je fais le nécessaire médical pour la blessure).

Mais je ne l’ai pas fait.

Parce qu’écrire, coucher noir sur blanc, c’est établir, c’est figer.

Or je ne savais pas comment aborder tout cela, comment présenter les choses d’une façon convenable, qui fixerait mon ressenti, deviendrait LA façon dont je dois raconter et me souvenir. Car tout n’a pas été toujours tout blanc, ni jamais complètement noir. Je ne savais pas comment vous faire part de notre enchantement face à la beauté des paysages et l’accueil des polynésiens, alors que planait notre agacement face aux soucis techniques constants. Je ne voulais pas paraître ingrate en me plaignant des difficultés de la vie à bord, des baisses de moral dûes à l’éloignement avec la famille et les amis, alors que cette vie nous l’avons choisie, et qu’elle nous permet de découvrir des lieux magnifiques et de vivre des expériences extraordinaires.

Alors voilà. Je vais me contenter de partager quelques photos paradisiaques. Et pendant que vous rêvez en les regardant, je vous demanderai de garder en tête que, oui, c’est magnifique, oui, c’est une chance exceptionnelle que nous avons d’être ici, nous en avons conscience et nous nous le rappelons constamment ; mais derrière les photos paradisiaques, il y a une réalité qui ne l’est pas toujours. Parce que même en voyage, et même sous les tropiques, il y a des hauts, il y a des bas, c’est la vie, mais l’essentiel c’est d’accepter les choses telles qu’elles sont, et autant que possible d’en tirer le meilleur parti.
Je vous embrasse,
Alexandrine

 

 

3 thoughts on “La Polynésie française : entre rêve et réalité

  1. De ce rêve qui est devenu une aventure qui nous fait force d’admiration Ses doutes qui vous traversent reste humain C est pour cela que s’est pas donné à tout le monde .
    Demain la réponse vous sera donnée j’espère pour vous bises à vous deux

  2. Ecrire, c’est fixer pour soi ce que l’on apprend, et aussi calmer ses émotions. . Et aussi en pensant aux autres ne pas se recroqueviller sur soi-même, alors écrire c’est partager
    Se sentir au bout de ses possibilités et puis non, encore une fois aller au-delà. Alors bravo l’athlète, pareille « au cycliste qui un jour croit mourir et pour qui le lendemain ça marche super ! »
    Alors bisous Alexandrine à partager avec Thomas.
    Edith et Claude

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *