Sous le soleil des Marquises

Sous le soleil des Marquises

Nous sommes à Ua Pou. Ce sera notre dernière escale dans les Marquises. Après plus d’un mois dans ce magnifique archipel, nous prenons la mer en fin de semaine pour rejoindre les Tua Motus.

Petite mise au point…

La Polynésie Française est un vaste ensemble de cinq archipels : les Marquises, les Tua Motus, les Gambier, les Australes et les îles de la société. Pour vous donner une idée des distances, il y a environ 5 jours de navigation entre les Marquises et les Tua Motus, et environ 2 jours de plus pour arriver jusqu’à Tahiti.

Notre escale à Nuku Hiva

L’expérience d’un voyage passe avant tout par les rencontres. De beaux paysages, c’est fantastique, mais ce qui fait qu’on passera un moment exceptionnel ce sont les gens. À Nuku Hiva, nous n’avons pas tissé de lien avec de Polynésien, mais nous avons fait de magnifiques rencontres parmis les Popas (c’est ainsi que les locaux appellent les blancs). Je m’aprétais à écrire “nous n’avons malheureusement pas”, mais je me suis ravisée ; finalement c’est comme ça, alors je préfère ne pas penser que c’est malheureux.

Carine et Olivier. Pour comprendre comment nous les avons rencontrés, je dois vous annoncer que Thomas s’est lancé dans la culture potagère sur Patchwork! Pendant la Transpacifique, nous avons manqué de légumes frais, surtout vers la fin, et les 42 jours en immersion dans le bleu nous ont donné envie de vert. De plus, trouver des légumes aux Marquises relève parfois du défi, voire de l’impossible. À Nuku Hiva, courgettes, “chou chinoix” (mais cela ressemble davantage à des blettes) et aubergines étaient facile à trouver au marché, la laitue un peu moins, mais pour les carottes et les oignons, il fallait aller à l’épicerie, car cela vient avec l’approvisionnement des cargos. Il parait qu’on peut trouver des tomates, mais c’est encore au stade de légende pour nous. À Ua Huka ou à Ua Pou, par contre, c’est une autre histoire. La sécheresse qui prive les îles de pluie depuis 2 ans y est pour quelque chose, la paresse y est peut-être pour quelque chose aussi… donc difficile de trouver des légumes! Heureusement qu’il y a les pamplemousses, les caramboles, les cocos, les bananes avec un peu de chance, et les avocats et les mangues, dont la saison vient de se terminer!
Donc, je vous disais que Thomas s’était lancé dans le potager. Pour l’instant il a récolté des piments, avec lesquels il a fait de la sauce piquante, et une petite aubergine a pointé le bout de son nez. On n’est pas encore tout à fait au stade de l’autonomie, mais on s’amuse bien!

C’est ainsi qu’il s’est mis en quête de graines pour planter. Il n’y en avait pas au magasin de bricolage, mais on lui a indiqué d’aller rendre visite à Carine et Olivier. Ils s’affairent à adapter des cultures au climat Marquisien, afin de vendre des graines bio et d’encourager les cultures écologiques sur l’île. Thomas est rentré au bateau avec des sachets de graines, et les bras chargés de feuilles de patate douce (saviez-vous qu’elles etaient comestibles, et très bonne par dessus le marché?) et de tiges. Le lendemain, nous y sommes retournés ensemble, et Carine a eu la gentillesse de m’offrir la visite guidée de leur jardin. Picorant à droite, à gauche, des fleurs et des feuilles, elle m’expliquait que les fruits étaient loin d’être les seuls composants comestibles des plantes. J’étais émerveillée par toutes ces plantes, toute cette verdure, et les connaissances de Carine. Au détour d’une conversation, elle me dit qu’elle fait des massages, j’ai sauté sur l’occasion! J’ai donc eu la chance de me faire masser au milieu de la nature, bercée par le chant des oiseaux, à l’abris sous une moustiquaire style lit à baldaquin, c’était un grand moment de douceur et de détente!

Si vous passez par Nuku Hiva et que vous avez envie de vous faire choyer par des mains de fée, je vous recommande Carine les yeux fermés! Son numéro : +689 87 32 75 34

À deux pas de chez Carine et Olivier, nous avons visité le site archéologique de Koueva. Il est très bien entretenu, fleuri, c’est un lieu vraiment magnifique, auquel aucun des photos que j’ai priee de rend justice. Il faudra vous déplacer! 😉

Etienne et Louise. C’est un couple de notre âge, ce qui est assez rare pour que je le mentionne, la plupart de nos acolytes plaisanciers ayant plutôt l’âge de nos parents. C’est amusant, l’amitié, lorsqu’on voyage en voilier. On peut passer de longues périodes de solitude, à ne rencontrer personne, et tout à coup lorsqu’on s’entend bien avec quelqu’un, on ne se lâche plus! Une soirée, puis rebelotte le lendemain, puis encore le lendemain, puis finalement, si vous veniez passer quelques jours à bord? Nous avons alors navigué ensemble de Tahioae à Daniel’s bay, tous deux des mouillages au sud de Nuku Hiva. De là nous avons marché jusqu’au fond de la vallée. Un chemin parsemé de fleurs de Parau, des fleurs jaunes éphémères qui tombent toutes en même temps en début d’après midi, jonchant le sol d’un tapis coloré, sous une voûte de branches entremêlés. De temps en temps, on croise un miret de pierre, un arrangement que l’on imagine être des vestiges de la civilisation marquisienne d’avant l’arrivée des Européens. Tiens, un tiki!

Puis le plafond végétal s’ouvre, et nous nous retrouvons encerclés par des parois rocheuses vertigineuses, avec en face de nous l’une des plus haute cascade du monde! Bon, en fait, avec la sécheresse, c’était un petit pipi de fontaine, mais l’eau fraîche du bassin était un vrai régal, et le lieu était vraiment grandiose! Quelle belle façon de célébrer mon anniversaire!

Navigation jusqu’à Ua Pou

Et puis, comme toutes les bonnes choses ont une fin, nous avons déposé nos nouveaux amis sur leur bateau, et nous avons mis les voiles direction Ua Pou.
Alors que nous étions occupés à hisser les voiles, j’aperçois un dauphin dans l’eau.
-Regarde Thomas, des dauphins.
-Ah ouai.
Puis on a continué à hisser les voiles. Après j’ai pensé : c’est triste, que l’habitude rende banale une chose si extraordinaire que la rencontre avec des dauphins. Je n’ai pas envie, moi, d’être blasée des dauphins! Quelques minutes après, des dizaines de dauphins sautaient, nageaient à toute vitesse, fusaient vers nous! J’en avais le souffle coupé, complètement émerveillée : je n’en avais jamais vu autant d’un coup! Ils ont joué avec l’étrave pendant de longues minutes, remontant parfois à cinq en même temps pour respirer, en synchronie parfaite. C’était fabuleux. Je suis sauvée, je ne suis pas blasée!

Je vous laisse avec ces quelques images qu’a réussi à capturer Thomas de cette belle rencontre.
À bientôt!

4 thoughts on “Sous le soleil des Marquises

  1. So beautiful! The best amateur photos of dolphins I’ve ever seen! Loved the massage in nature and waterfall in the cave, too! One day Chrissy and I will use you two as guides!

  2. Fabulous! Love your writing, your descriptions, and the wonderful, exploring spirit you both share. And, like Victor’s comment above, imagining a time in the future when Deb & I can again share quality time with you both.
    Oh, and Happy (post-)Birthday, Alexandrine! 😉

  3. Reine et moi retrouvons le lien et sommes très heureux d’avoir de vos nouvelles
    Quel beau voyage !
    Quelle belle aventure humaine .Vous avez osé ce que nous revions de faire,bravo!
    Nous vous embrassons .

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