Providencia : le joyau de la Caraïbe

Providencia : le joyau de la Caraïbe

Nous arrivons à Providencia le 15 avril à l’aube. Les premières lueurs du jours dessinent les contours d’une île vallonnée; une odeur marine, de pin, chatouille nos narines. Quelques heures plus tard, le soleil révèle l’éclat des couleurs : le vert des cocotiers de Santa Catalina, toutes les couleurs vives des maisons, le jaune, vert, bleu des bancs publics. Nous ressentons immédiatement un sentiment de bien-être dans cette île. Tout est tranquille, agréable, propre. Les infrastructures sont bien entretenues, les gens sont accueillants et souriants, il n’y a pas un seul immeuble, seules des maisons de toutes les couleurs et la nature. Nous sommes conquis!

Seul bémol : sur une telle île, petite et reculée, il est quasiment impossible d’avoir de l’eau pour remplir les réservoirs du bateau, et nous sommes à sec! Le niveau des puits à Santa Catalina est très bas; chaque maison récupère l’eau de pluie, stockée dans des citernes. L’eau potable est vendue par bidons de 20 litres. Il y aurait la possibilité de faire venir une fourgonnette avec une citerne, mais à prix d’or! La tension monte. Thomas argue que l’on peut très bien s’en sortir sans eau courant, que des millions de gens le font à travers le monde, que nous avons un stock illimité d’eau de mer pour la vaisselle et se doucher. Je suis quand à moi un peu plus sceptique, et j’aspire à un minimum de confort à bord. On étudie les différentes possibilités, et, sans grand espoir, on aborde un cargo amaré au quai municipal qui est en train de décharger une livraison. Le capitaine nous toise du haut de son bateau, deux désespérés dans leur annexe, là tout en bas.
-Combien d’eau auriez-vous besoin?
-Nos réservoirs contiennent 700 litres, mais même si vous pouviez nous donner 100 litres cela nous rendrait bien service!
Vale, voy a darle 100 litros.

Houra!

Nous revenons sur Patchwork, Thomas effectue une manoeuvre impeccable – comme à son habitude – et nous voilà amarrés à l’arrière du cargo. On raccorde les tuyaux, ils ouvrent la vanne. Après le méga-yacht à Cuba, cela devient une habitude de prendre l’eau des autres bateaux! Nous commençons à discuter, le capitaine est curieux de notre voyage, nous lui posons des questions sur son travail. Au bout d’un moment nous remarquons que cela devrait suffire, nous ne voulons pas tout leur prendre. “Voy a darles bastante“. On continue à parler. Et puis “c’est bon ne vous en faites pas, on va remplir”. Une fois de plus l’entraide entre marins nous va droit au coeur!


Une fois notre “mission eau” accomplie (cela nous aura quand même pris la tête pendant presque deux jours!), nous pouvons profiter en toute quiétude de Providencia. Nous accueillons Jen. Vous vous souvenez? Nous l’avions vue lors de notre escale en Jamaïque, et rencontrée il y a deux ans à Saint-Martin! Sa présence nous fait vraiment passer en mode vacances. Plage paradisiaque, rasta bar, randonnée, tour de l’île en scooter (motos, scooter et buggys sont les moyens de locomotion les plus répandus dans l’île), conversations à n’en plus finir, tout y est pour passer d’excellents moments.

Les eaux turquoises de Providencia vues depuis le Pic
Un hamac entre deux cocotiers, on ne se lassera jamais de ces coins de paradis!
En sueur et heureux en haut du pic!
Morgan’s head
Southwest beach
La cascade, à sec, mais tout de même un lieu spectaculaire!
Cayo Cangrejo, ou crab cay. Excellent site de snorkeling

Lors de notre escale aux Caïmans, nous avions fait la connaissance d’une Canadienne mariée à un caïmanais, amie d’une autre Canadienne que Thomas avait rencontrée par le biais d’un local en Jamaïque. Par le biais de ce caïmanais nous avions rencontré Harkhist, qui s’était avéré être de Providencia! Nous voilà donc partis à la rencontre de Zadatt, ami d’enfance d’Harkhist. Nous sympathisons très vite avec cet ami d’ami d’ami d’ami d’ami d’ami, qui tient un centre de plongée. Nous avons plongé au total 4 fois, et c’était fantastique! C’était un moment assez émouvant de replonger avec Jen, qui m’a appris à plonger, maintenant que je suis Divemaster. Et surtout, ce qui a rendu ces plongées si spéciales, ce sont les requins! Au début nous avions un peu d’appréhension, n’ayant jamais fait cette expérience. Et au final, nous avons tous été très à l’aise en présence de ces requins de récifs.

Je me souviens d’une conversation avec Edouard, notre ami du bateau Mirage (rencontré à Saint-Martin à la même période que Jen), qui me disait “les requins sont inoffensifs, et s’il y en a un qui se montre un peu trop curieux, tu n’as qu’à le repousser d’un coup de palme”. J’avais pensé “non mais il est dingue, jamais je n’aurais le courage de faire ça!”. Et bien si! Et c’est le plus naturellement du monde que j’ai donné un coup de palme à un requin qui se rapprochait un peu trop de moi à mon goût, excité par l’odeur du sang du poisson lion que le guide venait d’arponner et qui était resté coincé sous un rocher. Les requins sont vraiment fascinants, gracieux, vifs, curieux. C’est vraiment un plaisir de les observer sous l’eau, et j’espère répéter l’expérience de nombreuses fois, et mettre fin une bonne fois pour toutes à cette appréhension face à ces carnivores trop souvent diabolisés et représentés comme dangeureux dans l’imaginaire collectif. L’inconnu peut facilement effrayer, et le moindre documentaire mettra une musique à suspens ou stressante en présence de requins. Mais en les observant et en les cottoyant, on se rend compte qu’ils sont innofensifs pour l’homme, et dans le cas des récifs coraliens garants d’un écosystème sain.

Nous repartons de Providencia avec un pincement au coeur. C’est vraiment une île magnifique, pleine de charme et de tranquillité, où l’expérience humaine et la nature sont extraordinaires, où nous avons vécu un concentré d’aventures, et où on reviendrait bien se perdre un jour…

One thought on “Providencia : le joyau de la Caraïbe

  1. les “requins” terrestres sont bien plus redoutables vos merveilleuses aventures me font rêver d’un monde meilleur et si apaisant quand on se laisse porter , bon vent
    je suis partie en Alsace pour un concert et un repas de famille , avec flemmkueche ; le voyage fut mouvementé :les trains aussi , veulent en faire à leur tête :

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