Le tourisme à l’américaine

Le tourisme à l’américaine

Nous quittons Puerto Rico pleins d’excitation. Hâte de partir de ces zones dévastées par les ouragans, et hâte de partir de cette île complètement américanisée. Seule la vieille ville de San Juan nous aura séduite, mais sinon, nous ne sommes pas fans des hauts immeubles, autoroutes et voitures démesurées. La forêt est fermée à cause de l’ouragan, l’électricité dépend des générateurs dont le bruit incessant nous empêche de trouver le repos.
C’est donc parti pour 600 miles de navigation, que nous parcourons en 5 jours et 6 nuits. Une fois les premiers jours d’adaptation et le mal de mer passés, nous trouvons notre rythme et profitons des joies de la navigation: mer à perte de vue, coucher et lever de soleil à couper le souffle, dauphins, calme. Personne.

La veille de notre arrivée, Thomas déroule la ligne peu avant le coucher de soleil, et attrape une dorade choriphène au moment où le soleil disparaît devant l’horizon. Il lève les filets que nous réservons pour le dîner du lendemain, auquel nous invitons Jen. Vous souvenez-vous de la monitrice qui m’a appris à plonger à Saint-Martin? (Sinon, petit rappel ici : https://lifeonpatchwork.wordpress.com/2016/05/28/plongez-avec-moi/ ) Elle travaille et habite en Jamaïque depuis 8 mois maintenant, et est une des raisons pour laquelle nous voulions faire escale ici. C’est un réel plaisir de la revoir. En voyage, nos familles et amis nous manquent souvent. Nous nous faisons des amis voyageurs mais il n’est pas facile de les revoir, car chacun suit sa route. C’est donc toujours spécial de retrouver une amie dans un coin du monde!
Pour ce qui est de l’expérience locale, nous sommes plus mitigés. Nous avons fait deux belles rencontres :
-un couple qui nous a amené dans la forêt, pour nous baigner dans la rivière, et nous a montré des plantes médicinales
-un rasta sur la plage publique de Mammee bay, avec qui nous avons mangé une partie de notre poisson cuit au feu de bois sur le plage.
Ce sont des personnes très ouvertes, gentilles, qui portent la culture jamaïcaine “one love, respect, peace”.
Malheureusement, ces points positifs ont du mal à compenser le reste…Ici prédomine le tourisme orienté pour les Américains. Car il faut savoir que la plupart des Américains ont une façon très particulière de voyager: le all-inclusive. Ils ont moins l’esprit aventureux que l’on peut retrouver chez les européens, et préfèrent payer un guide une fortune pour la journée et se faire trimbaler, qu’avoir à réfléchir pour chercher où aller. Résultat : ici il y a deux poids, deux mesures. Les résorts tout inclus sur la plage (bien séparés de la plage publique, cf photographie ci-dessous), les boutiques duty free au terminal du bateau croisière, les taxis qui t’amènent sur les sites touristiques (tous payants!). Et le revers de la médaille: des maisons en toles, des employés d’hôtel qui survivent en dealant de la drogue, des taxis collectifs et de la restauration rapide au prix dérisoire. Comment un pays aux apparences pauvres, où on peut vivre pour pas cher si on vit comme un local, est-il si cher lorsqu’on est un touriste? La réponse est simple: parce que les américains sont prêts à payer.
Problème: pour nous payer 40 euros pour tremper nos fesses dans un petit bassin qui fait des bubulles de souffre, ce n’est pas normal. Être pris pour un porte-monnaie ambulant, ce n’est pas ce que nous voulons quand nous voyageons. Bien sûr nous sommes riches comparativement, et il est normal que notre présence aide l’économie locale, mais faut quand même pas nous prendre pour des pigeons. Et devinez quoi? Dans les petites Antilles, chaque île où il y avait un terminal de bateau croisière, nous avions ce sentiment. Et dans les îles Française où aux Grenadines, c’était différent.
Alors, merci le tourisme à l’Américaine!

la plage d’un hôtel tout inclus, la plage publique, entre les deux un grillage, à travers lequel les dealers racolent les touristes

 

Aujourd’hui un article un peu différent de d’habitude, un petit coup de gueule. Parce que je ne veux pas faire que partager le rêve. Parce que le voyage, c’est aussi se heurter à ce genre de réalités.
Mais parce qu’on ne voulait pas en rester là, le lendemain on a quitté la route parallèle à la côte. On a pris la perpendiculaire. On a pris de la hauteur. Et on est arrivés à Steer Town, une ville de locaux, où nous étions les seuls touristes. On nous a regardé avec une peu de surprise et surtout du respect: ces blancs ne sont pas des touristes comme les autres, ils s’intéressent à la vraie Jamaïque. Nous avons reçu des signes de têtes approbateurs. Nous avons eu un aperçu de la vraie Jamaïque, et cela nous a plu.

2 thoughts on “Le tourisme à l’américaine

  1. Coucou à vous ! Contente d’avoir des infos touristiques sur les Antilles ! Ca me permet toujours d’affiner ma connaissance des Caraïbes !
    On viendra vous voir un jour !
    Bises de Marseille et bon vent,
    Martine

  2. Coucou les aventuriers, c’est toujours un plaisir de suivre vos aventures et sur ces dernières escales, nous ne sommes pas très surpris de votre ressentis, Vous connaissant, c’est l’authenticité que vous recherchez et on comprend bien que ce tourisme à l’américaine vous déplaisent. On espère que vous allez trouver un petit village reggae de la Jamaique telle qu’on l’imagine. On a hâte de lire la suite et peut être de vous rejoindre à Cuba, qui sait. gros bisous

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