Saint-Martin

Saint-Martin

Nous sommes partis de la Guadeloupe avec un petit pincement au cœur. Du peu que nous avons vu nous avons beaucoup aimé l’ambiance et les paysages, et nous avons envie d’aller plus loin dans la découverte de l’île. Après 2 mois dans les Antilles nous commençons à comprendre le fonctionnement des îles et à savoir où nous nous sentons bien et avons envie de revenir, et les endroits à éviter. Ainsi on sait d’ores et déjà qu’on reviendra dans la baie de Deshaies, un peu comme un point de chute, une sorte de “chez nous”.

Car oui, nous sommes chez nous sur Patchwork, et nous blagons sur le fait que puisque nous vivons à bord, chaque fois que nous arrivons quelque part on peut dire que l’on vit ici! On est de partout et un peu nulle part à la fois, on bouge souvent, alors c’est agréable d’avoir des endroits où on se sent bien et où on peut aller pour relâcher. Avec sa rivière très accessible, sa grande plage, son charmant village, la baie de Deshaies est un endroit parfait pour se poser.

Mais à présent, nous ouvrons le chapitre Saint-Martin! La navigation pour arriver ici à été très plaisante, nous avons mis un peu moins de 24 heures, toutes voiles dehors, faisant une moyenne de 6 nœuds. Nous passons des îles sans nous arrêter, ce sera pour une prochaine fois. En passant une petite île déserte de nuit, la Redonda, à peine éclairée par le minuscule sourire de la lune, j’imagine des légendes et racontes des histoires à Thomas: “tu sais, personne ne vit sur cette île car elle est hantée par des singe-araignées capables de construire des toiles immenses …” Et soudain, le bateau stoppe, de 6 nœuds nous descendons à 2 nœuds. Que se passe-t-il?! Nous regardons derrière, et nous voyons deux traits phosphorescents qui nous suivent, image féérique et inquiétante tout à la fois. On analyse la situation, apparemment nous sommes en train de traîner un filet ou un DCP ( dispositif de concentration des poissons) qui s’est coincé dans un boulon à l’avant du bateau. ÉvidemMent ces choses-là n’arrivent que de nuit! Aller faire le singe (c’est le cas de le dire) à l’avant pour le sortir semble risqué. Et si on le coupait? Thomas essaye d’attraper une des deux lignes, il tire et la pression n’est pas très grande. Il coupe le cordage en espérant que cela libère le bateau de cette emprise qui nous ralentit, mais le deuxième cordage continue d’afficher sa présence par sa phosphorescence. Coupons-le aussi! Mais cette fois c’est une autre paire de manches, Thomas tire de toutes ses forces et je me penche par dessus bord (tout en me tenant!) pour couper la ligne, en prévenant Thomas que dès que cela lâchera il risque d’avoir un violent mouvement de recul. La ligne lâche, Thomas atterrit sans mal sur les fesses, et le bateau reprend de la vitesse, ouf! Quel plaisir de sentir le bateau voguer librement de nouveau, et quel calme! C’est même un peu trop calme? Où est passé ce bruit incessant d’hélice qui tourne et fait vibrer le pont? Zut, le cordage, bien que raccourci, est encore coincé à l’avant du bateau, et il a dû se coincer dans l’hélice. Bon, tant que nous ne mettons pas le moteur en marche ce n’est pas un problème, profitons de cette navigation seulement rythmée par la chanson du vent et de l’eau sur le coque.

Le lendemain, nous appréhendons un endroit où nous pouvons manœuvrer facilement et où ce n’est pas très profond. Tout en approchant nous affalons les voiles une par une, tout en gardant la grand voile pour rester manœuvrant. Enfin Thomas dirige le bateau face au vent, et lorsque le bateau est arrêté je jette l’ancre. Nous sommes maintenant en mesure d’affaler la grand voile et Thomas peut tranquillement plonger voir ce qu’il se passe autour de l’hélice. C’est bien ce que nous pensions, et deux minutes plus tard il rejoint le bord: le cordage est démêlé, l’hélice libérée, nous pouvons maintenant allumer le moteur pour finir l’approche et ancrer dans la baie de Marigot.
Nous mouillons par 3 mètres de fond, sur du sable, dans une eau turquoise de toute beauté. Pour l’instant c’est le gros point fort de l’île, car à part cela la ville, avec sa succession de magasins de luxes et de bars qui se veulent branchés ne nous séduit pas vraiment. De plus, même si l’on est en territoire français, l’influence américaine est très présente, des grosses berlines aux bureaux de change à chaque coin de rue. Et on a le choix de payer en dollars, parfois avec un taux de 1€ pour 1$, pas vraiment avantageux pour nous! Nous sommes quand même assez excités de tenir des dollars dans nos mains pour la première fois, après avoir vu ces fameux billets de un dans les films et les séries.
Pourquoi rester à Saint-Martin donc, me direz-vous? La vérité c’est que, n’ayant pas encore trouvé de travail dans mon domaine, il est tout de même temps de travailler pour remplir la caisse de bord. Thomas a en tête depuis un moment de faire du charter, de travailler avec le Patchwork ou avec un autre bateau. Nous avons entendu parler d’une compagnie qui embauche des couples pour faire des sorties à la semaine en catamaran: l’un est le capitaine, l’autre l’hôtesse/cuisinière. Pourquoi pas? Nous avons donc passé la semaine à suivre une formation ( STCW) sur la sécurité en mer, les risques, la responsabilité sociale, les premiers secours, les cas d’urgence, le combat contre le feu, l’abandon du navire. Cette formation est indispensable pour candidater à n’importe quel emploi à bord d’un bateau, et nous avons aussi appris certaines choses qui pourront nous être utiles sur notre propre bateau et dans nos voyages. Thomas va à présent enchaîner sur les deux prochaines semaines sur la formation pour être capitaine (YachtMaster), et quand à moi je vais commencer à voir quelles sont les opportunités qui pourraient s’offrir à nous, et pourquoi pas profiter de ce temps pour passer un certificat de plongée, qui peut également être utile pour candidater à certains emplois. Au mois de mai nous allons essayer de travailler sur des petits contrats pour se faire la main, et après la saison cyclonique, nous essayerons de faire une saison de travail pour renflouer la caisse de bord.
Je garde tout de même en tête l’idée de travailler dans mon domaine, mais j’ai conscience que je peux manquer d’expérience, et que pour travailler ici il faut avoir une bonne connaissance des écosystèmes et des enjeux environnementaux. Je n’exclus pas de faire du volontariat pour une réserve naturelle ou une association pour acquérir de l’expérience, et le certificat de plongée peut également être utile pour les emplois dans la conservation marine. Affaire à suivre! On ne manque pas d’idées et de projets! Ce qui est sûr c’est que les Caraïbes forment un beau terrain de jeu et que nous allons y rester quelques temps.

Je termine sur une petite anecdote: comme j’ai reçu des souhaits (un grand merci!) certains savent que c’était mon anniversaire le 14. En rentrant de l’école j’ai eu la belle surprise de trouver à bord Rinaldo, Lindsey et Magnus, qui avaient décoré le bateau avec des ballons, du papier crépon et une banderole: ils m’attendaient avec un gâteau d’anniversaire et une bouteille de champagne prête à “poper” à mon arrivée! Lindsey m’a même offert un mobile qu’elle a confectionné avec des coquillages ramassés à Barbuda. Ils nous ont d’ailleurs fait baver avec leurs récits sur cette île, Hugo et Carole préparez-vous à faire un tour au paradis en juin!
Je vous laisse avec ces quelques photos, à bientôt!

 

3 thoughts on “Saint-Martin

  1. Des bisous de Pouy l’îlot coincé au dessus de la mer de brouillard le matin et le soir. On pêche les étoiles dans le ciel le soir et les oiseaux le jour. Simon

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